les carnets.
Les cartes, elles, sont déjà sur les tourniquets.

les carnets.
Les cartes, elles, sont déjà sur les tourniquets.

Mouvements de vie.
Comme une plante qui changerait de pot, d'air, de terreau.
Atelier déserté.
C'est racines à l'air et un peu perdue qu'on le regagne enfin.
On le retrouve,
on ne se retrouve pas,
on se cherche,
ici,
là,
en vain.
Alors on ouvre les carnets,
on jette un oeil sur un passé.
Pas loin.
C'est peu de choses,
quelques racines encore en terre.
Reste à inventer l'eau, et la lumière...
Se remettre à pousser.
Et encore...
Parce que L'Impossible existe, et parce que l'on se doit, même avec nos petits moyens, de l'aider à exister.
Parce que ceux, femmes, hommes, qui se bagarrent pour qu'il existe nous transmettent tellement plus qu'un journal...
L'Impossible, c'est ici.
“Pourquoi faire L'Impossible ?
1 – Parce que des journaux m’ont donné, dès mon plus jeune âge, des informations sur l’état du monde. Du monde entier. Sur l’état de la société dans laquelle je vivais. Parce que certains de ces journaux ont façonné mon esprit – mon esprit critique, parce que certains journalistes dans ces journaux – ou parfois certains écrivains, certains penseurs, certains artistes, certains intellectuels, certains chercheurs, certains photographes, certains dessinateurs, certains inconnus dans ces journaux, ont bouleversé fugacement ou durablement mon état d’esprit. À l’égal des œuvres d’art ou de pensée. À l’égal de certains livres, de certains films, de certains manuels ou traités, à l’égal de certaines pièces de théâtre, à l’égal de certains films, à l’égal, parfois, de l’art entre tous énigmatique – la musique. Et aussi à l’égal de certaines rencontres, de certains voyages, à l’égal de certains amis, à l’égal de certains enfants, à l’égal de certains sages, à l’égal de certaines amours.
2 – Parce que je veux changer le monde. Je pense qu’on ne peut pas décider, préméditer, organiser le changement vrai du monde. Mais on peut changer l’état d’esprit de ceux qui habitent ce monde et qui, un jour, si les circonstances le permettent, contribueront au vrai changement du monde.
Qui, pour être vrai, devra être inspiré par le souci de justice dans l’ordre de l’organisation des sociétés humaines, par le souci de loyauté dans l’exercice de la pensée, par le souci de célébration de la beauté de la vie sur terre dans toutes ses manifestations y compris les plus folles, les moins imaginables.
3 – Parce que l’information est morte, c’est-à-dire illisible, inaudible, invisible, si elle n’est pas animée-ranimée par les mots, par une langue, par un style, par une pensée, inédites. Un journal doit être un événement, au sens radical de ce mot, dans la vie de chacun. Il doit troubler. Il doit inquiéter. Il doit émouvoir. Il doit transmettre l’énergie vitale sans quoi nous nous effritons de jour en jour. Ainsi, drogue entre toutes bienfaisante, il créera une addiction.
4 – Parce que tout part toujours d’une communauté qui se forme et qui s’identifie, puis qui, progressivement, forme une autre communauté, plus vaste qui se forme et qui s’identifie. Qui, elle-même, se forme et qui, progressivement (ou soudainement – qui sait ?) forme une autre communauté. Ainsi d’une vague, ainsi des vagues, ainsi de la mer (ainsi parfois de la tempête). Ainsi de la première communauté de ceux et de celles qui créent ce journal. Ainsi de la communauté à venir de ses lecteurs : à l’impossible, nous sommes tous tenus.
Rejoignez-nous.”
Michel Butel
2007, de l'eau, du sable, de l'air,
et quelques secondes de la vie d'un homme.
Trouver les mots
pour dire ce qui me travaille depuis longtemps déjà
mais qui est parfois difficile à exprimer de manière juste et précise,
sans qu'il y ait de confusion possible.
Trouver les mots pour dire ce qu'est un trajet.
Celui du dessin, de la peinture,
d'un atelier dans l'ombre ou baigné de soleil.
D'un chemin fait,
commencé là, haute comme trois pommes,
à regarder les mains d'une maman, d'un papa,
à les voir dessiner, transformer la matière,
vivre.
D'un chemin qui se poursuit, à l'école.
Des dessins par centaines (Oui!),
des ras-le-bol, des découvertes, des erreurs,
des apprentissages,
de la couleur, des lignes, du papier froissé,
du sens donné, de la composition, des proportions...
Des impossibilités, des maladresses, de la ténacité.
Des doutes aussi, et de la volonté,
chercher, s'accrocher.
D'un chemin qui continue.
S'inventer une profession
– “Ah vous êtes peintre, et, vous en vivez?”. (Oui!)
Ne pas savoir où chercher, où aller, comment exister,
butter contre les cailloux, les ignorances, les difficultés,
puis, petit à petit, trouver.
Bref, un trajet.
J'ai fait le choix, il y a bientôt trente ans,
d'exercer un métier dans lequel mes mains pourraient vivre et s'exprimer,
et tout le reste de moi les accompagner.
Je m'en suis donné les moyens,
et rien n'est jamais gagné.
Chaque jour est à inventer.
Ces images, un peu partout en France, et ailleurs,
petits carrés de papier sur tourniquets,
cartes à garder, à envoyer,
ne sont pas seulement le fruit d'une idée.
Elles sont avant tout celui d'un trajet.
Régulièrement on me demande l'autorisation de les utiliser,
pour en faire ceci ou cela,
les appliquer ici ou là,
les transformer, les multiplier, se les approprier,
les soumettre à d'autres envies ou idées,
les rentabiliser (Oui!)
Il m'arrive d'accepter,
quand le cadre reste celui du respect, de la non-lucrativité.
Loin de moi l'idée de les mettre sous clef.
Ce que j'aime dans une carte, c'est justement que c'est un petit objet que chacun peut s'approprier.
Mais,
détenir la carte ne veut pas dire détenir le dessin,
moins encore le trajet de celle ou celui qui l'a engendré.
Son histoire, ses failles, sa lumière, sa sensibilité.
Ces images-là je ne les ai pas volées,
je les ai construites avec ce que je suis.
Pour ça je me suis nourrie (Oui!),
j'ai observé, regardé, baladé ma curiosité,
mais tout ça je l'ai digéré.
Ces images-là,
ce travail-là,
font aujourd'hui vivre ma famille et moi.
Je souhaite plus que tout continuer à les partager,
à les proposer,
et aussi à inventer avec d'autres, à collaborer,
à les offrir si c'est mon souhait.
Mais je me dois de les défendre,
contre celles et ceux qui croient qu'elles ne sont que matière à exploiter.
Derrière l'encre et le papier, il y a quelqu'un,
une histoire,
une vie,
un trajet.
Ces images-là ne sont pas libres de droits,
et toute utilisation faite sans mon accord, dans un but lucratif
– reproduction, même peinte, sur toile, bijoux, vêtements, maroquinerie, visuels destinés à de la
communication... pour donner quelques exemples existants (Oui, hélas...) –
porte atteinte à la propriété intellectuelle et s'apparente à du vol.
Voilà,
ces mots-là,
pour moi et tous ceux qui comme moi ont fait le choix de ces métiers,
où tout est toujours à inventer,
je devais les poser.
Une nouveauté, chez Correspondances.
Jalouse
du soleil
qui,
encore ce matin,
a choisi les murs de l'atelier
pour y déposer ses dessins.

Perce-neige, pensées, hellébores,
brins d'herbe deci-delà
et comme un parfum de printemps.
Mais le ciel a gommé tout ça,
trop tôt, pas le moment!
Tant pis, c'est beau aussi, ce silence et ce blanc.
Quand au printemps...

On s'en pose souvent la question.
Parfois même, on construit nos vies autour,
on le brave, on le défie, on s'y mesure,
et ainsi on avance.
Certains font plus encore.
Ils pensent, inventent, proposent,
nous emmènent plus loin,
sur d'autres territoires,
moins bêtes, moins pollués,
intègres et engagés.
Ils nous offrent de respirer.
C'est une nécessité de les aider à exister.
L'Impossible est un journal,
à découvrir ici,
mais aussi en librairie.
Une petite peinture d'il y a quelques années,
2004 peut-être,
et déjà,
et encore,
les cadeaux de la nature.
en cette fin d'année, de partager avec vous ces cadeaux qui m'ont été offerts.
De ceux qu'on ne possède pas,
mais que l'on garde en soi, que l'on regarde.
De ceux qui disent que oui, l'année sera belle,
et blessée,
et joyeuse, et ravagée.
À nous de voir, d'entendre,
de résister,
à nous de croire, de refuser.
À nous, sans cesse, d'inventer.
Que cette année vous soit douce.
s'est glissé dans l'atelier au delà de son heure.
Je ne l'attendais plus.
Il est entré en douce, par ricochet,
avec en lui comme une envie de dessiner.
Il a choisi le mur, pas le papier,
et moi, je n'ai pas su résister.
Voilées, nues pourtant.
Qui sera présentée et mise en vente également, les 7, 8 et 9 décembre prochains,
pour l'exposition Solid'art 42.
Vernissage de l'exposition le jeudi 6 décembre à partir de 18 heures.
Je participerai les 7, 8 et 9 décembre prochains à l'exposition Solid'art 42,
en compagnie d'une trentaine d'artistes.
Organisée par l'association "Vaincre le cancer 42",
elle se tiendra à la serre des Beaux-Arts de Saint-Étienne, de 10 heures à 19 heures.

L'intégralité des bénéfices de l'exposition sera versée aux départements du CHU de Saint-Étienne
qui soignent les malades atteints d'un cancer.
Plus d'informations sur l'évènement sont données sur le site de Solid'art 42.
De mon côté, je présenterai les originaux de cinq cartes, ainsi qu'une peinture non éditée.
Pour découvir l'inédite, il faudra attendre encore un peu...